La fin de saison (fermeture le 10 Octobre) est généralement faste sur le lac du Drennec.
La baisse de la température des eaux redonne de l’appétit aux truites arc-en-ciel comme fario,
qui se rapprochent des rives pour chasser les innombrables alevins de rotengles de l’année.

Source © IGN
C’est avec joie que j’ai ainsi convié mes amis Charles-Henri et Eric pour une partie de pêche sur ce superbe plan aux eaux claires, dont on ne cessera de répéter qu’il mériterait mieux que
son mode de gestion actuel : pêche à tout depuis la rive.
On se prend à rêver d’un mode de gestion “à la Britannique” avec des densités de poissons à l’hectare compatibles avec le développement d’un véritable tourisme pêche, source évidente de retombées
économiques locales (location de gîtes et de chambres d’hôtes), emplois de guides de pêche, vente de permis pour l'AAPPMA de l'Elorn, gestionnaire du site, et de matériel pour les détaillants spécialisés.

Ci-dessus: Le type de bateau idéal pour pêcher efficacement le Drennec toute l'année.
On pourrait même imaginer la mise en place d’un système de location de vraies barques de pêche
à la mouche à propulsion électrique (similaires à celles qu’on loue sur les réservoirs anglais ou les loughs irlandais), et pourquoi pas la possibilité d’y pêcher en float-tube.
Les activités nautiques s’y pratiquent toute l’année (voile, kayak), les baigneurs utilisent
également des engins pneumatiques (plages non surveillées), alors pourquoi pas le float-tube…

Le float-tube est un engin stable qui permet d'atteindre les poissons évoluant au large.
Une pêche durable en totale autonomie.
Dans l’état actuel des choses, la densité par hectare de truites pêchables sportivement est insuffisante
pour permettre un taux de capture moyen quotidien comparable à la norme en vigueur sur les réservoirs anglais (3 poissons/jour/pêcheur) et pouvoir justifier la mise en place d’une valorisation pérenne
et “touristico-commerciale” par la pêche à la mouche en bateau et depuis la rive.
Il n’y a qu’à se balader au bord du lac lors des périodes les plus fastes de la saison pour constater l’évidente désaffection du plan d’eau par les pêcheurs à la mouche. Combien de fois me suis-je retrouvé seul
avec mes clients alors que les conditions et la période étaient à priori favorables.
Le Drennec n’attire désormais, à l’exception de l’ouverture, que les pêcheurs habitant à proximité.
En été, les couches d’eau superficielles se réchauffent et les truites s’éloignent logiquement des rives pour chercher la fraîcheur des profondeurs ou des couloirs de vent du centre du plan d'eau.
Elles ne sont alors pêchables qu’à l’aide d’une embarcation et de soies plus ou moins plongeantes.
Mon expérience de pêcheur assidu du Drennec me permet d’affirmer qu’en dehors du début et
de la fin de saison, la capture à la mouche d’une truite sur le lac relève trop du “coup de chance”, ce qui est incompatible avec la “commercialisation” d’un produit pêche digne de ce nom.
On considère qu’il faut maintenir une densité d’au moins 200 truites/hectare pour valoriser ce type de plan d’eau et elle est actuellement d’environ 70 truites/hectare.

Une superbe truite arc-en-ciel de Llyn Brenig au Pays de Galles capturée en dérive
La taille de la caudale laisse imaginer la nature du combat.

Une introduction massive de truites, pour qu’elle soit pérenne en termes de maintien d’un stock pêchable sportivement, est à l’évidence incompatible avec la subsistance des modes de pêches les
plus meurtriers tels que la pêche aux appâts et aux leurres sur-armés.
Outre des quotas de capture stricts et la mise en place d’une surveillance permanente
par un garde assermenté et mobile (patrouille et surveillance en bateau motorisé),
seule la pêche aux leurres artificiels avec hameçon simple doit être tolérée (son apprentissage est à la portée de tous) et la pêche à la mouche encouragée (apprentissage simple également) pour protéger
les poissons et éliminer définitivement les viandards qui ne manqueront pas d’abuser de la ressource
et de ruiner les chances de succès d’un projet communautaire.
Il y a des choix à faire et ménager la chèvre et le chou ne peut mener qu’à un échec du projet,
sans parler d’une perte financière évidence. L’exemple prouve que nulle part en Europe le mélange
des genres (mouche, leurres et appâts) ne fonctionne.

La pêche depuis la rive est largement pratiquée sur les rives des réservoirs anglais (ici Blagdon)
et proposée à des tarifs très abordables, avec des systèmes d'abonnement.
La Bretagne ne fait pas exception à la règle et il semble illusoire de pouvoir attirer des pêcheurs sportifs à la mouche s’ils savent qu’ils vont cohabiter avec des poseurs de pâte à truite et autres “buzug”. Sans parler l’impossibilité de récolter les fruits d’un plan de communication sur une exploitation “batarde”. Aucun média spécialisé pêche à la mouche, français comme international (presse écrite, forums web, audiovisuel) ne vantera les mérites d’une gestion multi-techniques. Il y a d’autres endroits pour cela à proximité…
Pour ceux qui lisent l’anglais, veulent s’informer et savoir la façon dont des plans d’eau de type Drennec sont valorisés outre-Manche, voici quelques liens :
http://www.bristolwater.co.uk/fishing/index.asp

Pour les amoureux de la pêche en bateau, j’organise des week-end prolongés (3/4 jours de pêche) sur les meilleurs reservoirs anglais dès 2011. Renseignements sur demande à: info@brittanyflyfishing.com

Nous étions donc logiquement seuls à jouir des 110 hectares du Drennec en cette belle journée
de Septembre. En action dès 9h avec mon ami Charles-Henri, nous étions plein d’espoir compte tenu
des conditions ultra-favorables du jour :
belle brise de nord-ouest établie formant une jolie vague favorable à la pêche en surface.


























BRITTANY FLY FISHING, Philippe DOLIVET – GSM : 06 42 03 93 66
Email : info@brittanyflyfishing.com
reportage sur le Drennec
Hélas, je suis tout à fait d'accord avec vos commentaires sur la pêche à la mouche sur le Drennec, je pêche ce plan d'eau à la mouche depuis une vingtaine d'années, et il faut reconnaître que cette année la prise de truites est devenue très aléatoire sur ce superbe pan d'eau.
Par contre vous serait-t-il possible de me faire parvenir le prix du séjour de pêche à la mouche que vous envisagez d'organiser sur les réservoirs anglais.
Merci d'avance.
J.P.provost
Des poissons superbes,
Des poissons superbes, malheureusement les plus beaux poissons que je repère, sont loin du bord et je ne peux les atteindre avec ma 9 pieds. Avec le droit d'utililiser un bateau équipé d'un moteur électrique bien sûr, ce serait le top. Mais bon, en attendant les pêcheurs qui aiment la pêche en réservoir dépensent leur argent en Irlande ou en Angleterre, alors que mieux géré le sublime lac du Drennec attirerait des pêcheurs qui laisseraient un peu de trésorerie dans les commerces, aappma et hôtels de la région. Les irlandais l'ont bien compris, les Bretons en revanche... Salut Phil, salut Nanard
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